Meeting pour Lula avec Haddad
Samedi 15 septembre au Village du monde.

«Du coup d’état de 2016 à l’emprisonnement de Lula, peut-on parler de démocratie au Brésil ? » Parmi les invités (de gauche à droite), Carla Sanfelici, militante du Parti des travailleurs, Maud Chirio, historienne, et Raul Amorim, responsable du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre.
Samedi au Village du monde. « Du coup d’état de 2016 à l’emprisonnement de Lula, peut-on parler de démocratie au Brésil ? » Parmi les invités (de gauche à droite), Carla Sanfelici, militante du Parti des travailleurs, Maud Chirio, historienne, et Raul Amorim, responsable du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre.
LULA NE RESTERA PAS DANS LES GRIFFES DU CONDOR
Lundi, 17 Septembre, 2018
Jérôme Skalski
Le soutien au prisonnier politique et l’exigence que le peuple du Brésil ne se fasse pas voler la prochaine élection présidentielle ont pris de la force, du Village du monde à la Grande Scène, dimanche.
Au Brésil, le Condor s’est emparé du fléau de la balance, mais c’est bien lui qui est en « opération ». Depuis la destitution de Dilma Rousseff, en août 2016, coup d’État institutionnel agencé par le Sénat de la République fédérale, le pays est dans la tourmente. La persécution judiciaire de Lula, son incarcération et l’interdiction qui lui est faite de se présenter à la prochaine élection présidentielle qui se déroulera à partir du 7 octobre, malgré des sondages qui le donnent vainqueur à l’issue du scrutin, constituent un des plus récents épisodes du processus par lequel l’ordre capitaliste et libéral cherche à s’imposer à nouveau dans la plus grande démocratie d’Amérique du Sud. Sur le pied de guerre, c’est pour alerter sur cette situation que se sont réunis, samedi, au Village du monde, autour de Cathy Dos Santos, de l’Humanité, Raul Amorim, responsable du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) et du Front Brésil populaire, Carla Sanfelici, militante du Parti des travailleurs, Maud Chirio, historienne et maître de conférences, ainsi que Fatima Bosch, pour un débat dense, appliqué et combatif.
« Que l’emprisonnement de Lula soit politique a été reconnu par le Tribunal suprême du Brésil , a souligné l’historienne Maud Chirio, le symbole d’un effondrement de la culture démocratique au Brésil. » « Le but profond des opérations engagées contre Lula n’était pas de faire justice », a expliqué pour sa part Fatima Bosch.
L’initiative, accompagnée le lendemain sur la Grande Scène du message de l’avocate et présidente du PT, Gleisi Hoffmann, adressée en vidéo aux participants de la Fête de l’Humanité pour « faire face au retour en arrière auquel on veut contraindre la démocratie brésilienne » et soutenir la candidature de Fernando Haddad à la prochaine élection présidentielle, s’est terminée par un appel au réveil des consciences et à la mobilisation. « Ceci est fondamental pour nous ! » a-t-elle expliqué. « Ils ont empêché Lula de sortir de prison pour qu’il ne puisse pas se présenter à la présidence, a souligné la présidente du Parti des travailleurs, « Mais nous n’avons pas abandonné Lula et nous allons le sortir de là avec l’aide de ce mouvement international puissant qui se développe. Nous n’avons pas non plus abandonné le peuple brésilien. Nous allons participer à l’élection présidentielle pour la gagner et revenir “au temps de Lula”. » Un appel urgent pour faire pencher la balance côté gauche et faire lâcher sa proie au Condor, qui plane à nouveau au-dessus de l’Amérique latine et du Brésil.
Jérôme Skalski